Dent qui pousse dans la gencive adulte, combien coûte le traitement ?

20 août 2026

Femme adulte en cabinet dentaire lors d'un examen de gencive pour une dent qui pousse

Une dent qui pousse dans la gencive chez l’adulte désigne une dent incluse : elle s’est formée dans l’os maxillaire mais n’a pas fait son éruption complète sur l’arcade. Les dents de sagesse sont les plus fréquemment concernées, suivies des canines supérieures. Le traitement varie selon la position de la dent, son impact sur les structures voisines et l’objectif (extraction ou mise en place orthodontique), ce qui fait varier la facture de façon significative.

Dent incluse chez l’adulte : pourquoi elle reste bloquée dans la gencive

Une dent reste incluse quand l’espace disponible sur l’arcade est insuffisant, quand sa trajectoire d’éruption est déviée ou quand un obstacle physique (kyste, dent adjacente, os trop dense) bloque sa sortie. Chez l’adulte, l’os alvéolaire est mature et ne se remodèle plus aussi facilement que chez l’adolescent.

La dent peut rester totalement enfouie dans l’os (inclusion complète) ou percer partiellement la gencive (semi-inclusion). Une semi-inclusion crée une poche entre la gencive et la couronne dentaire, propice à l’accumulation bactérienne. C’est souvent à ce stade qu’apparaissent douleur, gonflement ou infection, motivant la consultation.

Le diagnostic repose sur une radiographie panoramique, complétée parfois par un scanner cone beam. Ce bilan permet de visualiser la position exacte de la dent, sa proximité avec le nerf alvéolaire inférieur (pour les dents de sagesse du bas) ou avec le sinus maxillaire (pour les canines ou prémolaires du haut).

Modèle de mâchoire adulte avec dent en éruption sur le bureau d'un cabinet dentaire avec devis de traitement

Extraction d’une dent incluse dans la gencive : tarif conventionnel et prix réel

La Sécurité sociale distingue clairement l’extraction d’une dent sur arcade de celle d’une dent incluse. Le code CCAM pour une première dent incluse est HBGD004, avec un tarif conventionnel fixé à 83,60 euros et un remboursement à 60 %, soit 50,16 euros pris en charge. Le reste à charge sans mutuelle s’élève donc à 33,44 euros sur cette base.

Pour chaque dent incluse supplémentaire extraite lors de la même intervention, la base conventionnelle descend à 41,80 euros, remboursée à 60 % (25,08 euros), laissant 16,72 euros à la charge du patient.

L’écart avec les honoraires pratiqués en cabinet

Ces tarifs conventionnels ne reflètent pas la réalité des factures. Les praticiens en secteur 2 ou en clinique privée pratiquent des honoraires libres sur les dents incluses. Les fourchettes constatées vont couramment de 150 à 350 euros par dent, parfois davantage quand l’intervention nécessite un lambeau chirurgical ou une ostéotomie (fraisage de l’os pour dégager la dent).

La complexité anatomique fait monter la note : une dent de sagesse inférieure dont les racines enserrent le nerf alvéolaire demande plus de temps opératoire et parfois une sédation consciente, facturée en supplément.

Alternatives à l’extraction : traction orthodontique et coût associé

Toutes les dents incluses ne sont pas vouées à l’extraction. Une canine supérieure incluse, par exemple, a un rôle fonctionnel et esthétique que le praticien cherche souvent à préserver. La stratégie consiste alors à dégager chirurgicalement la couronne (gingivectomie ou lambeau) puis à coller un dispositif d’ancrage pour tracter la dent progressivement sur l’arcade à l’aide d’un appareil orthodontique.

Ce parcours combine deux postes de dépenses :

  • L’acte chirurgical de dégagement, qui s’apparente à une gingivectomie ou à un lambeau d’accès, facturé à honoraires libres puisque la plupart de ces actes sont hors nomenclature pour la Sécurité sociale.
  • Le traitement orthodontique lui-même, qui dure en général plusieurs mois. Chez l’adulte, l’orthodontie n’est pas remboursée par la Sécurité sociale, contrairement aux traitements débutés avant 16 ans.
  • Les consultations de suivi et les radiographies de contrôle, dont certaines seulement sont prises en charge sur la base conventionnelle.

Le budget global d’une traction orthodontique de canine incluse dépasse souvent celui d’une simple extraction, mais il permet de conserver la dent naturelle sur l’arcade.

Homme adulte à la maison se tenant la mâchoire en cherchant le coût du traitement d'une dent qui pousse

Remboursement Sécu et mutuelle pour une dent incluse dans la gencive

La prise en charge par l’Assurance maladie se limite aux actes inscrits à la nomenclature. L’extraction codée HBGD004 en fait partie, mais la majorité des actes parodontaux ou chirurgicaux complémentaires (surfaçage, régénération osseuse, greffe gingivale) sont classés hors nomenclature et donc non remboursés par la Sécu.

Pour réduire le reste à charge, une complémentaire santé disposant d’un forfait spécifique « parodontologie » ou « soins dentaires non remboursés » fait la différence. Toutes les mutuelles ne proposent pas ce type de garantie : il faut vérifier la présence explicite d’une ligne dédiée aux actes hors nomenclature dans le tableau de garanties.

Points à vérifier avant de signer un devis

  • Le code CCAM de chaque acte figurant sur le devis, pour savoir lequel est pris en charge par la Sécu et lequel relève uniquement de la mutuelle.
  • Le plafond annuel du forfait « soins dentaires hors nomenclature » de la complémentaire, souvent limité à quelques centaines d’euros.
  • La possibilité de fractionner le paiement auprès du praticien, car certains cabinets proposent un échelonnement sans frais.

Un projet de réforme envisage de modifier les taux de remboursement des actes conservateurs et chirurgicaux classiques (dont l’extraction de dent incluse), sans toucher au dispositif 100 % Santé. Les modalités restent à confirmer, mais cela pourrait augmenter le reste à charge sur ces actes dans les années à venir.

Avant toute intervention, demander un devis détaillé au praticien et le transmettre à sa mutuelle reste la démarche la plus fiable pour évaluer le coût réel. La différence entre un secteur 1 et un secteur 2 peut doubler la facture pour un acte techniquement identique, ce qui justifie de comparer plusieurs avis si le calendrier le permet.

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