4 millions d’ordonnances : c’est le nombre vertigineux de prescriptions d’antalgiques délivrées chaque année pour des douleurs dentaires en France. Mais face à la rage de dent, tous les comprimés ne se valent pas, et certains font plus de dégâts qu’ils n’apaisent.
Certains antalgiques disponibles sans ordonnance n’agissent pas tous de la même manière contre la douleur dentaire. Si l’ibuprofène est souvent mis en avant, son utilisation n’est pas sans risque, notamment chez les personnes souffrant d’ulcère à l’estomac ou sous traitement anticoagulant. Quant au paracétamol, il peut rester en retrait face à certaines inflammations, n’apportant qu’un soulagement partiel.Les traitements locaux, à l’image des gels à la lidocaïne, n’offrent qu’un répit éphémère. Ils ne traitent pas la véritable origine du mal. Se soigner soi-même expose à des complications sérieuses, surtout si la douleur dure plus de deux jours, ou s’accompagne de fièvre.
Pourquoi a-t-on mal aux dents ? Comprendre les causes pour mieux agir
La douleur dentaire ne tombe jamais du ciel. Elle résulte toujours d’une agression, d’un déséquilibre ou d’un foyer inflammatoire bien localisé. La carie dentaire occupe le terrain chez la grande majorité des patients. Avec le temps, les bactéries s’infiltrent, creusant une cavité dans l’émail, puis dans la dentine : le nerf se retrouve exposé, la douleur devient inévitable.Mais la carie n’est pas seule à sévir. Les gingivites, nées de l’accumulation de tartre ou de plaque, provoquent douleurs, saignements et gonflements. Sans intervention, ces inflammations peuvent dégénérer jusqu’à l’abcès dentaire, une infection aiguë qui exige d’agir vite.
Voici les principales causes de douleurs dentaires et leurs signes caractéristiques :
- Carie dentaire : douleur vive, parfois pulsatile, exacerbée par le chaud, le froid ou le sucre.
- Gingivite : gencive rouge, douloureuse et sensible au toucher.
- Abcès dentaire : gonflement associé à une douleur intense, présence possible de fièvre.
- Infection dentaire : complication d’une carie ou d’une gingivite, avec risque d’atteinte générale.
La localisation de la douleur oriente souvent vers le bon diagnostic. Une dent sensible quand on tape dessus, des crises nocturnes, une zone qui gonfle : autant d’indices à ne pas négliger. Les sillons dentaires, véritables nids à bactéries, sont souvent le point de départ de ces problèmes. L’origine précise de la douleur conditionne le choix du traitement et la pertinence du médicament.
Quels médicaments peuvent soulager efficacement une douleur dentaire ?
Lorsque la douleur dentaire surgit, difficile de résister à l’envie de fouiller dans sa boîte à pharmacie. Les antalgiques sont le premier réflexe. Le paracétamol reste un choix sûr pour atténuer les douleurs modérées, à condition de respecter la posologie adaptée à l’âge et au poids, en particulier chez l’enfant.
Si l’inflammation s’invite, le spectre des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), comme l’ibuprofène, le naproxène ou le diclofénac, élargit les options. Ces molécules réduisent l’œdème et la sensation de douleur, mais ne conviennent pas à tout le monde : antécédents d’ulcère ou de problèmes rénaux, prudence de rigueur. L’aspirine peut aussi être envisagée, hors tout risque de saignement.
En cas de douleurs très vives, certains professionnels prescrivent temporairement de la codéine ou d’autres opioïdes, sous surveillance stricte. Les anesthésiques locaux (comme la lidocaïne ou la benzocaïne), appliqués sur la zone douloureuse, apportent parfois un apaisement de courte durée, en attendant des soins adaptés.
Si une infection dentaire ou un abcès se déclare, les antibiotiques sont prescrits uniquement après un diagnostic confirmé. Ils luttent contre la prolifération bactérienne, sans agir directement sur la douleur.
Voici un aperçu des médicaments utilisés selon le contexte :
- Paracétamol : antalgique classique
- Ibuprofène, naproxène, diclofénac : anti-inflammatoires à manipuler avec précaution selon les antécédents
- Codéine, opioïdes : pour les douleurs intenses, sur prescription médicale
- Anesthésiques locaux : apportent un soulagement rapide mais temporaire
- Antibiotiques : uniquement sur décision du dentiste en cas d’infection
Solutions complémentaires : astuces et gestes simples pour apaiser la douleur
Quand la douleur dentaire frappe, chaque minute paraît interminable. Certains remèdes, parfois hérités de nos grand-mères, offrent un répit appréciable. Le clou de girofle, grâce à l’eugénol qu’il contient, possède des propriétés antalgiques et antiseptiques. Posé sur la dent ou utilisé en huile, il calme l’inflammation pour un temps. La menthe et l’ail s’invitent aussi : l’un rafraîchit, l’autre agit contre les microbes.
Les bains de bouche antiseptiques (Eludril, Hextril, Paroex, Prexidine) s’utilisent en complément, surtout en cas de gingivite ou d’infection dentaire. Leur usage doit rester ponctuel, car certains déséquilibrent la flore buccale à la longue. L’hygiène quotidienne reste la pierre angulaire : brossage deux à trois fois par jour, fil dentaire pour atteindre les zones oubliées, et contrôles réguliers chez le dentiste.
Pour les enfants ou en prévention, le scellement des sillons et le vernis fluoré offrent une barrière contre la carie. Les remèdes homéopathiques (Arnica montana, Gelsemium, Belladonna, Chamomilla vulgaris…) peuvent aussi être proposés, même si leur efficacité fait débat. En matière de maux de dents, chacun compose avec ce qui lui convient : médicaments, hygiène, astuces transmises de génération en génération.
Quand la douleur dentaire doit-elle vous amener à consulter un professionnel ?
Une douleur dentaire qui s’accroche n’est jamais à prendre à la légère. Si la gêne persiste au-delà de quelques heures malgré le paracétamol ou l’ibuprofène, il est temps de prendre rendez-vous. Des signes tels que fièvre, gonflement de la joue ou de la gencive, ou une difficulté à ouvrir la bouche doivent alerter : ils évoquent une infection, un abcès dentaire ou une périodontite qui exigent une intervention rapide.
Dans ces situations, les limites de l’automédication sont vite atteintes. Un examen bucco-dentaire complet, parfois avec imagerie, permet de cibler le problème et d’adapter le traitement : prescription d’antibiotiques si une infection dentaire est prouvée, soins locaux comme le détartrage, les pansements à l’eugénol et à l’oxyde de zinc, ou encore intervention chirurgicale en cas de nécessité.
Voici les situations où il faut consulter sans attendre :
- Douleur intense et persistante malgré les antalgiques habituels
- Apparition de fièvre ou de frissons
- Gonflement du visage ou de la gencive
- Difficulté à avaler ou à respirer
La consultation s’impose aussi chez les personnes immunodéprimées, diabétiques ou sous traitement immunosuppresseur. Des structures comme Sana Oris ou Odontys proposent une prise en charge rapide et adaptée. Face à la douleur dentaire, le bon réflexe reste le cabinet du dentiste : aucun médicament, même le plus puissant, ne remplace la réparation de la cause. L’apaisement durable ne s’achète ni en pharmacie, ni dans les rayons d’astuces maison, il se construit, dent après dent, sur les conseils avisés du professionnel.


