Risques de manger des sushis : précautions et recommandations à connaitre

10 juillet 2025

Un plateau de sushis n’est jamais anodin. Derrière l’apparence minimaliste de ces bouchées se joue un vrai sujet de santé publique, fait de saveurs raffinées et de risques parfois sous-estimés. Les adeptes du poisson cru savent-ils vraiment à quoi ils s’exposent lorsqu’ils commandent un assortiment saumon-thon-avocat ? Il est temps de regarder la réalité en face, sans dramatiser ni sous-évaluer les précautions à prendre.

Pourquoi les sushis suscitent des questions sur la santé

Les sushis, alliance précise de poisson cru et de riz blanc vinaigré, fascinent par leur élégance et leur fraîcheur. Mais cette sophistication cache des interrogations légitimes. Utiliser du poisson cru, c’est ouvrir la porte à des risques infectieux. Les bactéries et les parasites aquatiques, présents naturellement, n’épargnent pas toujours les préparations les plus soignées. L’anisakis, ce ver qui peut résister à la congélation, en est un exemple frappant : troubles digestifs soudains, réactions allergiques imprévues, le tableau n’est pas anecdotique.

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Le riz vinaigré, quant à lui, semble innocent. Pourtant, son assaisonnement sucré-vinaigré dissimule des calories insoupçonnées. Un plateau de sushis rivalise facilement avec une assiette de pâtes en apport glucidique, surtout quand la gourmandise prend le dessus. Ajoutez à cela la sauce soja : très salée, elle alourdit la note en sodium et peut poser problème à ceux qui surveillent leur tension.

Les amateurs de saumon et de thon ne sont pas à l’abri d’une autre menace : celle des métaux lourds. Ces poissons, prisés pour leur goût et leur texture, concentrent du mercure au fil des années. Savourés régulièrement, ils augmentent l’exposition à ce contaminant silencieux.

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Certes, le poisson cru apporte des oméga 3 et des protéines de qualité. Mais ces atouts ne dissipent pas toutes les incertitudes. À mesure que les sushis se répandent dans nos habitudes alimentaires, il devient nécessaire d’aborder ces risques avec lucidité, sans se laisser aveugler par leur image de modernité.

Quels risques réels sont associés à la consommation de poisson cru ?

L’éclat du poisson cru s’accompagne de menaces sanitaires bien réelles. Consommer des sushis, c’est s’exposer à différents agents infectieux. Voici ce que recèle la face cachée de ces spécialités japonaises :

  • Bactéries comme Listeria monocytogenes ou Salmonella, qui peuvent contaminer le poisson lors de sa manipulation ou de sa conservation
  • Parasites tels que l’Anisakis, dont la présence peut provoquer de sévères troubles digestifs ou des réactions allergiques

L’anisakis, notamment, n’est pas à prendre à la légère : il peut provoquer des douleurs abdominales, des nausées ou même des réactions allergiques aiguës. Bien que les cas restent peu fréquents, la multiplication des repas à base de sushis accroît l’exposition, en particulier avec le saumon ou le thon.

Certains groupes paient un prix plus élevé. Les femmes enceintes et les personnes dont le système immunitaire est fragilisé sont en première ligne face aux risques de listériose ou de toxoplasmose associés à la consommation de poisson cru. Même si ces infections sont rares, leurs conséquences peuvent être dramatiques.

À ces dangers biologiques s’ajoutent les contaminants chimiques. Les poissons prédateurs, comme le thon, concentrent le mercure au fil de leur croissance. Pour les sushis savourés ponctuellement, le risque reste faible. Mais chez les consommateurs réguliers, la vigilance s’impose.

Le constat est clair : les sushis à base de poisson cru, qu’il s’agisse de saumon ou de thon, comportent leur lot d’incertitudes. Face à des troubles digestifs survenant après un repas japonais, il vaut mieux rester attentif. Choisir un restaurant respectueux de la chaîne du froid, limiter la fréquence et s’assurer d’une congélation réglementaire, c’est déjà réduire l’exposition à ces risques.

Femmes enceintes, enfants, personnes fragiles : des précautions spécifiques à connaître

Pour les femmes enceintes, les jeunes enfants et les personnes immunodéprimées, les sushis ne sont pas un plaisir anodin. Les infections comme la listériose ou la toxoplasmose, dues à des bactéries ou parasites présents dans le poisson cru, peuvent avoir des conséquences graves, surtout durant la grossesse ou chez les personnes vulnérables. Les recommandations officielles sont limpides : évitez tout sushi contenant du poisson cru si vous faites partie de ces groupes. Même un risque modéré mérite toute l’attention.

Pour continuer à profiter de la cuisine japonaise sans danger, il est préférable d’opter pour des sushis cuits (crevette, œuf, surimi) ou des versions végétariennes à base d’avocat, de concombre ou de carotte. Ces alternatives permettent de savourer la diversité des saveurs tout en limitant l’exposition aux agents pathogènes.

Voici, selon les situations, les choix à privilégier :

  • Femmes enceintes : ne consommez ni saumon, ni thon, ni aucun poisson cru. Orientez-vous vers les sushis cuits ou végétariens.
  • Enfants de moins de cinq ans : limitez-vous aux produits cuits et ultra-frais.
  • Personnes immunodéprimées : optez pour une hygiène irréprochable et excluez systématiquement le poisson cru de votre assiette.

La congélation préalable des poissons, obligatoire au sein de l’Union européenne, réduit le risque parasitaire mais ne garantit pas une élimination totale des bactéries. Ce geste diminue le danger, sans l’effacer complètement. Si des signes comme fièvre, douleurs abdominales ou troubles digestifs apparaissent après avoir mangé des sushis, un avis médical rapide s’impose pour ces personnes fragiles.

sushis sécurité

Adopter les bons gestes pour savourer les sushis en toute sécurité

La vigilance commence par le choix du poisson. La fraîcheur doit être irréprochable, que vous optiez pour des sushis maison ou pour ceux d’un traiteur. Privilégiez les établissements qui respectent scrupuleusement la chaîne du froid et la réglementation sur la congélation préalable du poisson cru. Chez soi, stockez les ingrédients au réfrigérateur, préparez-les juste avant de les servir et consommez-les rapidement.

Le matériel, lui aussi, doit être irréprochable. Nettoyez minutieusement les surfaces de travail, désinfectez couteaux, planches, bols, et lavez-vous les mains à chaque étape. Cette exigence limite les risques de contamination croisée entre poisson cru, riz et légumes.

Pour préparer et consommer des sushis sans souci, gardez en tête ces recommandations :

  • Évitez de consommer le poisson cru restant du lendemain, même s’il a été conservé au frais. Les bactéries prolifèrent vite.
  • Ne dépassez pas une à deux portions hebdomadaires de sushis à base de saumon ou de thon cru.
  • Diversifiez les saveurs : essayez les sushis végétariens (avocat, concombre, carotte), les sushis cuits ou les makis aux légumes pour varier le menu.

La sauce soja, appréciée pour relever le goût, n’a aucun effet protecteur contre les infections ou les toxines. Les adeptes du fait maison ont tout intérêt à consulter régulièrement les recommandations actualisées de l’Anses pour ajuster leurs pratiques et leurs recettes.

Face à la tentation d’un plateau de sushis, prudence et plaisir peuvent faire bon ménage. À chacun de trouver l’équilibre, pour que la dégustation reste un plaisir, non une roulette russe.

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