Anciennes radiographies : les erreurs à éviter pour les jeter légalement

24 août 2026

Femme triant d'anciennes radiographies médicales sur une table en bois à la maison avant de les jeter légalement

Vous venez de retrouver une pile de vieilles radiographies au fond d’un placard. Le réflexe serait de les glisser dans la poubelle jaune ou le bac gris. Cette erreur peut poser un vrai problème, à la fois environnemental et réglementaire. Les anciennes radiographies contiennent de l’argent métal sur leur support plastique, ce qui interdit de les traiter comme un déchet ordinaire.

Pourquoi la classification des radiographies pose problème en déchèterie

Avant de chercher où jeter vos radios, il faut comprendre une difficulté que la plupart des guides n’expliquent pas. La nomenclature des déchets ne classe pas les films radiographiques de la même façon selon l’angle retenu.

L’annexe II de l’article R.541-8 du Code de l’environnement rattache les films argentiques au code 09 01 07 : « pellicules et papiers photographiques contenant de l’argent ou des composés de l’argent ». Ce code ne porte pas d’astérisque, ce qui signifie déchet non dangereux au sens de la nomenclature.

En parallèle, certains observatoires régionaux (comme l’ORDECO en Occitanie) classent ces mêmes films sous les codes 18 01 06* ou 18 02 05*, réservés aux déchets de soins contenant des substances dangereuses. L’astérisque, ici, change tout : il impose une filière de traitement spécifique.

Cette divergence produit des situations concrètes déroutantes. Deux déchèteries d’un même département peuvent donner des consignes opposées. L’une accepte vos radios au guichet « déchets photographiques », l’autre vous renvoie vers un prestataire spécialisé en déchets de soins. Si un agent vous refuse vos films, ce n’est pas de la mauvaise volonté : c’est un flou réglementaire réel.

Homme déposant d'anciennes radiographies dans un point de collecte spécialisé pour une élimination légale et responsable

Radiographies argentiques et argent métal : le tri qui change la filière

Les anciennes radiographies (celles sur film, pas les images numériques) sont composées d’un support en plastique PET recouvert d’une couche contenant des sels d’argent. Ce détail technique explique pourquoi elles ne vont ni dans le bac plastique, ni dans les ordures ménagères.

Le traitement repose sur l’électrolyse. Cette opération sépare l’argent métal du support plastique. L’argent est récupéré et le PET part en filière de valorisation plastique. Le procédé n’est pas polluant, mais il exige un circuit de collecte dédié.

Pour les professionnels de santé (cabinets de radiologie, hôpitaux, cliniques), la collecte inclut aussi les liquides de traitement utilisés lors du développement des films. Ces liquides, souvent oubliés, suivent leur propre filière et ne doivent jamais être vidés dans un évier ou un réseau d’eaux usées.

Erreur fréquente : mélanger radios et déchets recyclables

Le support plastique d’une radio ressemble à un emballage classique. Glisser un film radiographique dans le bac de tri sélectif contamine le lot de plastiques recyclables. Les centres de tri ne sont pas équipés pour extraire les sels d’argent, et le lot entier risque d’être déclassé en déchet non valorisable.

Où déposer ses anciennes radiographies en pratique

Vous avez plusieurs options, selon votre situation géographique et la quantité de films à éliminer.

  • La déchèterie municipale, si elle dispose d’une borne ou d’un bac spécifique pour les déchets photographiques ou les radiographies. Appelez avant de vous déplacer : toutes n’en sont pas équipées.
  • Un cabinet de radiologie, une pharmacie ou un hôpital. Certains acceptent les anciens films des particuliers, car ils disposent déjà d’un contrat avec un prestataire de collecte agréé.
  • Un prestataire spécialisé dans la collecte de déchets d’activités de soins (DASRI) ou dans le recyclage de films argentiques. Cette solution concerne surtout les professionnels, mais des particuliers qui détiennent un volume important (succession, déménagement) peuvent y recourir.

Vérifiez toujours que le point de collecte accepte les films de particuliers. Certains prestataires ne travaillent qu’avec des professionnels de santé sous contrat.

Données personnelles sur les radios : ce que le RGPD impose avant de jeter

Une radiographie porte votre nom, votre date de naissance, parfois votre numéro de sécurité sociale. Ce sont des données de santé, protégées par le RGPD. Les jeter sans précaution revient à diffuser des informations médicales dans la nature.

Vous n’avez aucune obligation légale de conserver vos propres radios indéfiniment. En revanche, il est recommandé de garder vos clichés d’imagerie médicale à vie pour le suivi de votre état de santé, car ils permettent de comparer l’évolution d’une pathologie sur plusieurs années. Les établissements de santé, de leur côté, sont tenus de conserver les dossiers médicaux pendant une durée réglementaire.

Que faire des radios d’un parent décédé

Lors d’une succession, les proches récupèrent souvent des cartons entiers de clichés médicaux. Ces documents n’ont plus d’utilité médicale directe, mais ils restent des données personnelles. Confiez-les à une filière de recyclage agréée plutôt que de les jeter à la poubelle. Le processus d’électrolyse détruit la couche argentique et, avec elle, les informations imprimées sur le film.

Vue du dessus d'anciennes radiographies posées sur un bureau avec un document sur la réglementation des déchets médicaux

Professionnels de santé : justificatifs de collecte et traçabilité

Pour un cabinet médical ou un centre d’imagerie, la gestion des radiographies usagées ne se limite pas au tri. La réglementation impose de conserver les justificatifs de collecte des déchets d’activités de soins. En cas de contrôle, l’absence de bordereau de suivi peut entraîner des sanctions.

Voici les éléments à garder :

  • Le bordereau de suivi de déchet (BSD) remis par le prestataire agréé après chaque enlèvement.
  • Le contrat de collecte en cours de validité, qui précise la fréquence et les types de déchets couverts.
  • Les certificats de destruction ou de valorisation délivrés par le centre de traitement final.

Conservez ces documents pendant au moins trois ans pour répondre aux obligations de traçabilité. Un classeur dédié ou un archivage numérique suffit, à condition que les pièces restent accessibles en cas d’audit.

Le point à retenir, que vous soyez particulier ou professionnel : une radiographie n’est pas un déchet banal. La présence d’argent métal et de données de santé impose un circuit de collecte précis. En cas de doute sur le point de dépôt le plus proche, un appel à votre mairie ou à votre pharmacien permet généralement d’obtenir une réponse fiable en quelques minutes.

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